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LES ANNÉES NOIRES SONT LÀ

July 23rd, 2009 by admin


LES ANNÉES NOIRES SONT LÀ

Egon von Greyerz – Matterhorn Asset Management

Dans ce bulletin d’informations, nous exposerons dans les grandes lignes les effets dévastateurs que nous prévoyons en conséquence des bulles de crédit, de l’émission monétaire par les gouvernements et des mesures désastreuses prises par les pouvoirs publics. Pendant une phase qui débutera dans les 6 prochains mois et qui connaîtra son point culminant en 2011-12, le monde sera confronté à une série d’événements tumultueux, qui bouleverseront l’existence de la majorité de la population mondiale. Les années 2011-12 ne marqueront pas l’amorce d’une reprise de l’économie mondiale, mais plutôt le début d’une longue période de bouleversements économiques, politiques et sociaux, qui risquent de se prolonger sur une vingtaine d’années.

Nous examinerons les trois domaines qui, comme nous l’affirmons depuis un certain temps, détermineront le sort du monde dans un avenir prévisible, à savoir : l’explosion prochaine du chômage, la phase suivante – et bien plus grave – sur les marchés du crédit et, enfin, l’effet hyperinflationniste ou simplement inflationniste que cela aura sur l’économie et les investissements dans le monde.

DES EMPIRES CONSTRUITS SUR LE VOL, LE PILLAGE,
L’ESCLAVAGE ET ENFIN L’ÉMISSION MONÉTAIRE

Commençons par un retour en arrière, afin d’analyser ce qui fait un empire et la prospérité qui l’accompagne.

L’Empire britannique se développe au 17e siècle et connaît son apogée au 19e siècle, sous le règne de la reine Victoria. À la fin du 19e siècle, l’Empire britannique s’étendait sur près de 20 % des terres émergées et rassemblait 25 % de la population mondiale. L’Angleterre, qui représentait moins de 0,5 % de la surface émergée de la planète, contrôlait ainsi un empire 50 fois plus vaste. En recourant à l’esclavage et en volant les ressources de 20 % de la planète, il n’est pas étonnant que la Grande-Bretagne soit restée la nation la plus riche pendant plusieurs siècles. Mais comme tout empire, la Grande-Bretagne portait en elle les germes de sa propre fin. Tous les empires – mongolien, romain, ottoman, britannique, etc. – ont toujours fini par trop étirer leurs ressources, aussi bien militaires que financières. Combiné à la décadence et à des illusions de grandeur, ceci conduit finalement à l’effondrement de l’empire.

L’empire américain diffère légèrement en ceci qu’il n’a jamais conquis le monde, même si les États-Unis d’Amérique étaient initialement une colonie conquise de ses habitants originaux. Mais les États-Unis sont, en revanche, intervenus dans de nombreuses régions (Corée, Vietnam, Afghanistan, Irak, etc.). Ils possèdent aussi des bases militaires réparties dans 120 pays. Les États-Unis étaient, à l’origine, une superpuissance économique fondée sur un esprit d’entreprise et une énorme capacité de production et soutenue par une impressionnante puissance militaire. Mais après la guerre du Vietnam, les États-Unis avaient surexploité leurs ressources, si bien qu’en 1971, Richard Nixon abolit l’étalon-or afin de réellement commencer à imprimer de la monnaie. La phase d’émission monétaire correspond normalement à la dernière étape d’un empire avant son effondrement, et c’est précisément là où les États-Unis se trouvent actuellement. Le dollar américain est devenu la monnaie de réserve du monde à un moment où les États-Unis jouissaient d’une situation économique florissante. Mais lorsque l’économie américaine commence à battre de l’aile dans les années 60-70, le gouvernement américain trouve une bien meilleure solution pour conserver une économie forte. Il entreprend d’imprimer du papier pour le vendre à d’autres nations ou l’échanger contre des biens et des services. Ce fut, pendant près de 50 ans, la méthode la plus astucieuse jamais imaginée pour préserver le niveau de vie d’une nation en déclin économique, sans même devoir consacrer des ressources pour bâtir un empire. Cette pyramide de Ponzi a fonctionné pendant plusieurs décennies, mais aujourd’hui le monde prend lentement conscience du fait qu’il détient du papier sans valeur imprimé par le gouvernement américain. (Bien que ce soit une version très simplifiée de la naissance et du déclin d’un empire, il s’agit néanmoins d’une analyse correcte.)

LE GOUVERNEMENT AMÉRICAIN EN DÉNI

Les États-Unis sont en débâcle financière et économique. Au cours des derniers 18 mois, ils ont prêté ou engagé près de 13 000 milliards de dollars pour soutenir le système financier. Le déficit public estimé pour l’année en cours s’élève à près de 2000 milliards de dollars ou 50 % du budget. Tout l’argent consacré jusqu’à présent a uniquement permis d’accomplir deux choses. Il a, tout d’abord, suscité un certain espoir à court terme qui, combiné à des prévisions de reprise totalement illusoires, a engendré une légère correction du marché boursier (conforme à nos prévisions dans notre bulletin de janvier) et une certaine croyance que la crise touche à sa fin. En second lieu, tous les fonds imprimés jusqu’à présent pour sauvegarder le système ont été injectés dans Wall Street, mais ils n’ont rien accompli du tout pour l’économie réelle. Chacun des secteurs de l’économie réelle est en déclin, qu’il s’agisse de la production, du chômage, des résultats des entreprises, de l’immobilier, des défaillances de crédit, de la construction, des déficits fédéraux, des déficits des autorités locales et des États, etc.

Et que font les pouvoirs publics à ce sujet ? La seule chose qu’ils savent faire, à savoir émettre davantage de monnaie.

C’est de la folie pure ! Comment une personne sensée peut-elle croire que des bouts de papier imprimés peuvent résoudre une catastrophe économique ?

Si c’était le cas, nous pourrions tous rentrer chez nous griffonner des bouts de papier ou utiliser des billets de Monopoly pour les dépenser au magasin ou rembourser nos dettes.

Comment le gouvernement américain, le gouvernement britannique et la plupart des autres gouvernements ne comprennent-ils pas que la seule manière de gérer une économie, c’est de vivre selon ses moyens ? Et voilà pourquoi l’empereur ne portait pas d’habit – parce que son pays n’avait plus de fil d’or pour le confectionner. Jusqu’à présent, les États-Unis ainsi que d’autres pays pouvaient acheter de l’étoffe parce que le monde était naïf au point d’accepter comme paiement des bouts de papier sans valeur. Mais, très bientôt, ce ne sera plus le cas.

Ce que les gouvernements font avec l’argent du peuple revient à anéantir complètement sa valeur. Aux États-Unis et dans bien d’autres pays, le pouvoir d’achat a diminué de plus de 95 % au cours des 100 dernières années. Si cela permet d’acheter des voix à court terme, le seul effet à long terme sera de générer une misère écrasante. C’est précisément ce qui commence à se produire dans de nombreux pays. Mais malheureusement, les choses ne feront qu’empirer. Nous n’en sommes toujours qu’à la première phase de cette saga tragique. La deuxième phase débutera probablement dans les six mois à venir.

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100 MILLION DE PERSONNES TOUCHÉES
PAR LE CHÔMAGE AUX ÉTATS-UNIS

Le taux de chômage réel aux États-Unis s’élève à 20 %, ce qui correspond à 30 millions de personnes. Il s’agit des chiffres réels, non ajustés, calculés sur la même base que les chiffres officiels avant que la méthode de calcul ne soit modifiée en 1990. Les chiffres annoncés par les pouvoirs publics, en particulier aux États-Unis, sont constamment manipulés en fonction des objectifs politiques du gouvernement. Aucune confiance ne doit donc être accordée aux chiffres publiés. La plupart des gouvernements trompent le peuple la majorité du temps.

Avec un taux de chômage de 20 % aux États-Unis, nous nous approchons déjà des niveaux des années 30, lorsque le chômage total a atteint un sommet de 25 %. Le niveau actuel de 20 % correspond au chômage non agricole, ce qui est donc de loin inférieur au pic de chômage non agricole des années 30, qui s’élevait à 35 %.

Étant donné que nous n’en sommes encore qu’aux débuts de cette crise, nous sommes fermement convaincus que le taux de chômage non agricole atteindra 35 % dans les prochaines années, au moins aux États-Unis.

Mais le chiffre actuel de 30 millions de chômeurs est déjà catastrophique. En ajoutant les personnes à charge de chaque chômeur, nous obtenons un total actuel de 100 millions de personnes touchées par le chômage aux États-Unis. Au cours des trois prochains mois, 3 millions de chômeurs tomberont en dehors du filet de la sécurité sociale. Il s’agit des personnes qui ont perdu leur emploi au cours du second semestre de 2008. En incluant leurs familles, cela signifie que quelque 10 millions des personnes deviendront sans ressources entre aujourd’hui et septembre, sans sécurité sociale et sans économies. En ajoutant ensuite les 4 millions de personnes licenciées pendant le premier semestre de 2009, cela nous donne 13 millions de personnes supplémentaires, y compris leur famille, qui seront sans ressources aux alentours de Noël. Il s’agit d’un désastre aux conséquences inimaginables qui affectera l’ensemble de la société américaine.

Cela aura des conséquences d’ordre social, politique et financier, tandis que les effets sur l’économie américaine auront une ampleur bien plus grande que pendant la dépression des années 30. Il ne faut pas oublier qu’aucun des problèmes du système financier n’a été résolu, mais qu’ils ont simplement été mis de côté de façon très temporaire. La combinaison entre la hausse du chômage et la baisse de la consommation conduira à la prochaine crise bancaire, qui sera d’une tout autre gravité.

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En Europe aussi, le chômage est en forte hausse et ne montre aucun signe d’amélioration. Beaucoup de pays atteignent un taux de 10 % avec, par exemple, l’Espagne à 19 % et la Lettonie à 16 %. Mais comme nous l’annonçons depuis un certain temps déjà, parmi les plus grandes nations européennes, c’est le Royaume-Uni qui doit faire face aux plus grands problèmes. Actuellement, le taux de chômage au Royaume-Uni s’élève « seulement » à 7 %, ou 2,5 millions de personnes, mais il devrait dépasser les 3 millions avant la fin de 2009. La combinaison des déficits publics, d’un système bancaire extrêmement fragile et trop grand pour le pays, d’un niveau très élevé de dette privée qui ne sera pas remboursée et d’une bulle immobilière qui est loin d’avoir terminé sa chute, rend le Royaume-Uni très vulnérable à un choc financier majeur.

Pendant les 6 à 9 prochains mois, le chômage touchera sévèrement la majeure partie du monde, y compris la Chine, l’Asie et l’Afrique. Jamais auparavant une crise mondiale de l’emploi n’a touché simultanément l’ensemble de la planète. Cela entraînera non seulement un déclin massif de la consommation et du commerce mondial, ce qui conduira à une récession ou une dépression mondiale mais aussi à la pauvreté, la famine et les troubles sociaux.

LES BANQUIERS SONT ENCORE ET TOUJOURS AUX COMMANDES

Les maîtres du cirque financier ne sont autres que les banquiers. Ils n’ont pas seulement récolté les fruits de leurs produits financiers toxiques, au point de recevoir des primes et des actions de l’ordre des billions de dollars au cours des 15 à 20 dernières années. Ils sont aussi les uniques bénéficiaires des billions de dollars imprimés par les gouvernements pour secourir le système financier. Pourquoi les banquiers bénéficient-ils du sauvetage de leurs propres banques ? Parce que ce sont eux qui contrôlent le gouvernement, en conseillant les pouvoirs publics et en versant de généreuses contributions aux politiciens.

Les primes sont de retour

En effet, de nombreuses banques versent des primes plus élevées en 2009 qu’en 2008. Goldman Sachs devrait verser au total quelque 20 milliards de dollars de primes, ou 700,00 dollars par employé, et les primes de Morgan Stanley augmenteraient de 30 %, avec une moyenne par employé passant de 262 000 dollars pour l’an dernier à 340 000 dollars cette année. Chez JP Morgan l’enveloppe de primes pour le premier trimestre de 2009 est en hausse de 175 %, pour atteindre 3,3 milliards de dollars, tandis que le nouveau directeur général de RBS, la banque britannique nationalisée, bénéficie d’un plan d’incitation d’une valeur de 10 millions de livres sterling ! Des primes similaires sont versées par de nombreuses autres banques. Barclays Capital, par exemple, dépense sans compter pour recruter les meilleurs cadres, avec des primes garanties s’élevant à plusieurs millions par employé.

Les banques centrales et les gouvernements du monde ont dépensé des billions de dollars pour soutenir temporairement un système financier en faillite totale et, à peine quelques mois plus tard, les banquiers recommencent à gagner des quantités d’argent impensables, au sein d’un système bancaire qui n’a pas été réparé et qui est toujours en faillite. C’est tout simplement scandaleux.

Les structures toxiques sont de retour

Mais pas seulement, ils commencent aussi à créer de nouveaux programmes de titrisation, dans le but de réduire les besoins de capitaux et d’augmenter l’effet de levier. Goldman Sachs et Barclays Capital y travaillent déjà et de nombreuses autres banques suivront. Il s’agit précisément du type de programme qui a engendré la crise financière et, aujourd’hui, les banquiers s’y mettent à nouveau. Il s’agit d’un comportement véritablement honteux et irresponsable de la part des banquiers, qui n’ont rien appris de leurs actions désastreuses et insouciantes, si ce n’est comment recommencer à dépouiller le système au maximum.

Comme nous l’avons souligné précédemment, aucun des problèmes du système bancaire n’a été résolu. Le système présente toujours un effet de levier de 25 à 50 fois, il déborde toujours de dérivés et de dettes toxiques, les comptes d’emprunt se détériorent de jour en jour, il est toujours fondé sur du papier sans valeur évalué à des prix fantaisistes et la plupart des banques sont dirigées par ces mêmes banquiers qui sont à l’origine des problèmes. Pour une banque type, une baisse de 4 % de la valeur d’actif suffit à anéantir les fonds propres. Quel meilleur moyen pour aller droit à sa perte ?

Entre-temps, les gouvernements font de piètres tentatives pour éviter une future crise en planifiant de nouvelles réglementations. Mais ces réglementations se limiteront seulement aux problèmes connus et historiques. Une nouvelle fois, les banquiers mettront en place de nouvelles structures pour contourner ces réglementations.

L’ACCÉLÉRATION DE LA RÉCESSION EST IMMINENTE

La prochaine phase de cette saga tragique débutera bientôt.

En comparaison avec les années 30, notre situation est aujourd’hui pire qu’au même stade de la Grande Dépression. La production industrielle est moins bonne dans beaucoup de pays. La situation du commerce international est pire et la chute des marchés boursiers est plus importante qu’au stade correspondant de la Dépression. L’endettement public et l’endettement privé sont tous deux dans une situation plus déplorable.

À quoi pouvons-nous nous attendre pour la suite ?

Le chômage entraînera une augmentation des déficits publics

Tout d’abord, comme décrit précédemment, le chômage augmentera considérablement et l’impact des quantités massives de chômeurs aura de grandes répercussions sur l’économie. Ceci provoquera une croissance majeure des déficits publics. Les recettes fiscales atteignent déjà des niveaux alarmants aux États-Unis et au Royaume-Uni, ainsi que dans la plupart des autres pays, mais cela s’aggravera encore beaucoup. Les dépenses publiques augmenteront en flèche en conséquence du chômage massif. Les impôts seront revus à la hausse, mais il n’y aura plus beaucoup de revenus à imposer, tandis qu’une augmentation de la TVA ou des taxes sur les ventes ne ferait qu’enfoncer davantage la consommation. En outre, les gouvernements devront multiplier les programmes pour venir en aide aux personnes démunies et sans abri. Ceci conduira à émettre davantage de monnaie.

La phase suivante des problèmes banquiers

En second lieu, la phase suivante de problèmes dans le système financier débutera, au plus tard, en automne 2009. Étant donné que tout le monde sera complètement pris au dépourvu, les conséquences seront bien pires qu’en 2008. Jusqu’à présent, les banques américaines ont enregistré des pertes qui s’élèvent à 1100 milliards de dollars. Les estimations plus modestes chiffrent les pertes totales à 2200 milliards de dollars, mais les estimations réalistes avoisinent les 4000 milliards de dollars, sans tenir compte des problèmes qui surviendraient dans un marché des dérivés valant entre $600 000 milliards et 1 quadrillion de dollars, dont une grande partie est sans valeur. Lors du prochain tour de mobilisation de fonds pour les banques, il y aura un seul investisseur – le gouvernement. Et ceci conduira donc à émettre encore plus de monnaie.

Le papier-monnaie des gouvernements s’effondra – en commençant par les États-Unis et le Royaume-Uni

Avec l’escalade de l’émission monétaire, les marchés seront inondés d’un papier émis par le gouvernement dont personne ne veut, ce qui poussera les gouvernements à se faire clients d’eux-mêmes. Les États-Unis et le Royaume-Uni sont les deux pays qui sont confrontés aux problèmes les plus graves et c’est leur situation précaire qui émergera en premier. Au cours des prochains mois, les agences de notation évalueront probablement à la baisse la dette de ces deux pays. Cela entraînera un effondrement de la valeur des bons et obligations du trésor, ainsi qu’une montée en flèche des taux d’intérêt, dépassant les 10 %. L’augmentation des taux d’intérêt entraînera une hausse exponentielle du coût de financement de la dette, ce qui conduira à plus d’émission monétaire et des taux d’intérêt encore plus élevés. Voilà le cercle vicieux « parfait » qui se terminera en dépression hyperinflationniste.

L’hyperinflation est un phénomène d’origine monétaire

Depuis de nombreuses années, nous annonçons que cette crise sera hyperinflationniste. En conséquence de l’émission monétaire illimitée par les gouvernements, le reste du monde se débarrassera de ses bons et obligations du trésor américain/britannique, ainsi que du dollar et de la livre sterling. La plupart des soi-disant experts financiers ont prédit une récession/dépression déflationniste, puisqu’ils ne voient pas la pression de la demande, qu’ils pensent être à l’origine de l’hyperinflation. Nous comptons parmi les rares personnes (dont le très avisé Jim Sinclair) à avoir compris que l’hyperinflation était un phénomène d’origine monétaire. L’émission monétaire illimitée par les gouvernements, telle que décrite plus haut, conduira à l’effondrement du dollar américain et de la livre sterling. C’est l’effondrement de la monnaie qui engendre l’hyperinflation. Chaque épisode hyperinflationniste de l’histoire, sans exception, a été causé par l’effondrement d’une devise et non par la pression de la demande.

De nombreuses autres nations devront également faire face à une hyperinflation, comme les pays baltes et certains pays d’Europe de l’Est et d’Asie. Beaucoup plus de pays seront confrontés à une forte inflation.

LES ANNÉES NOIRES

Dans les prochains mois, nous entrerons dans les années noires. Pour la première fois dans l’histoire, une récession touchera simultanément toutes les nations (même si certaines seront beaucoup plus touchées que d’autres). Ce sera le point culminant du monde et, en particulier, du monde occidental, habitué à vivre au-dessus de ses moyens pendant des décennies, dans une obsession de bulles de crédit, de bulles spéculatives, de bulles immobilières et d’excès menant à la décadence et vers une société aux valeurs morales et éthiques très douteuses. (Bien entendu, aucune société ne le reconnaît au moment où cela se passe, mais seulement par la suite.) Les gouvernements ont alimenté ce processus en émettant des quantités illimitées de monnaie fiduciaire, anéantissant ainsi la devise et le pouvoir d’achat de la plupart des nations.

Les années noires seront extrêmement difficiles pour la plupart des pays, aussi bien financièrement qu’au niveau social. Dans de nombreux pays occidentaux, une grave dépression entraînera la fin de l’état providence. La plupart des régimes de retraite publics et privés sont aussi susceptibles de s’effondrer. Il s’agira d’une dépression à l’échelle mondiale, mais certains pays pourraient seulement être touchés par une profonde récession. La famine et la misère déboucheront sur des troubles sociaux et politiques. Cela conduira probablement à l’émergence de différents types de chefs de gouvernement et de régimes politiques.

Combien de temps les années noires dureront-elles ? Dans son livre « The Fourth Turning », Neil Howe identifie un cycle qui se répète tous les 80 ans. Ce modèle s’est révélé être très précis dans le monde anglophile. Nous sommes récemment entrés dans le quatrième embranchement, correspondant aux 20 dernières années du cycle. Selon N. Howe, nous nous trouvons au seuil d’une période de 20 ans de bouleversements économiques et institutionnels. Il s’agit d’une période de crise qui entraînera une profonde transformation de la société. Parmi les précédentes périodes de « Fourth Turning », citons la Révolution américaine, la Grande Dépression et la Seconde Guerre mondiale. D’après N. Howe, la crise empirera considérablement avant de toucher à sa fin et elle durera une vingtaine d’années encore.

Toute ces nouvelles sont loin d’être réjouissantes et nous espérons que N. Howe et nous-mêmes sommes dans l’erreur en ce qui concerne la gravité et la durée de cette crise. Mais nous craignons d’avoir bel et bien raison. Soulignons encore que jamais auparavant une crise n’a touché simultanément le monde entier, alors qu’il se trouvait dans une situation financière et économique si précaire. C’est pourquoi ces années noires risquent d’être aussi longues et dévastatrices.

LES MARCHÉS FINANCIERS

Les marchés boursiers

La correction à la hausse des marchés boursiers est probablement terminée, mais il est possible qu’elle se poursuive encore pendant deux ou trois mois. Le plus important, c’est qu’il s’agit seulement d’une correction (que nous avions déjà prévue en janvier) et qu’elle laissera bientôt sa place à une forte tendance baissière. Dans le Dow Jones, une rupture de la ligne de tendance à 6400 conduirait, selon les prévisions, à un déclin d’au moins 90 % du sommet. Presque tous les grands marchés mondiaux pointent vers des déclins comparables. Cela peut paraître invraisemblable, mais en sachant que le Dow Jones a chuté de 90 % dans les années 30 et en tenant compte des points développés ci-dessus concernant les années noires, ce n’est pas impossible.

Certains titres de marchandises de même que les valeurs minières d’or et d’argent seront les grands bénéficiaires de la crise.

Dow Jones H & S 13.7.09

Les obligations

Au début de l’année, nous avions prédit une hausse des taux obligataires à long terme aux États-Unis et ils ont pratiquement doublé depuis. Mais il s’agit seulement du commencement car, selon nos prévisions, les taux à long terme aux États-Unis et au Royaume-Uni devraient au moins atteindre la quinzaine dans les 2 à 3 prochaines années. Les taux d’intérêt augmenteront considérablement dans tous les pays au cours des prochaines années.

Les devises

Le dollar américain et la livre sterling enregistreront des baisses très importantes en automne 2009. Plus tard, l’euro s’affaiblira aussi suite au détachement de certains pays de la zone euro.

L’or

L’or est la monnaie qui bénéficiera le plus de la crise. Nous investissons dans l’or depuis 2002, lorsque nous avons prévu que cette crise surviendrait. Depuis, le cours de l’or a triplé. Mais ce n’est que le commencement. La prochaine grande étape interviendra dans les 4 à 5 prochains mois et elle sera de grande ampleur. L’or acquis à des fins de protection du patrimoine doit être détenu directement par l’investisseur et conservé, à son nom, en dehors du système bancaire. Détenir de l’or sous forme de fonds indiciels ETF, de contrats à terme ou de parts de lingot d’or auxquelles vous n’avez pas accès personnellement ne constitue pas une forme de préservation du patrimoine.

Il n’existe aucun moyen d’éviter l’effondrement final d’un boom économique généré par une expansion de crédit. La seule alternative, c’est une crise à brève échéance, suite à l’abandon volontaire d’une expansion prolongée, plutôt que tardive, sous la forme d’un effondrement définitif et total du système monétaire concerné.

23rd July

matterhornassetmanagement.com
goldswitzerland.com

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