L’ALCHIMIE SOUVERAINE VOUÉE À L’ÉCHEC
Egon von Greyerz – Matterhorn Asset Management
Quand nous examinons aujourd’hui l’économie mondiale, partout où nous regardons, nous voyons un mur de risques. Et malheureusement, il s’agit d’un mur infranchissable, avec des risques sans aucun précédent dans l’histoire. Jamais auparavant il n’y a eu de tel potentiel catastrophique, combinant autant d’états souverains pratiquement en faillite (États-Unis d’Amérique, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Grèce, Japon et beaucoup d’autres) et un système financier d’ores et déjà en faillite, mais maintenu en vie temporairement grâce à des estimations mensongères et un recours illimité à la planche à billets. Mais les gouvernements comprendront bientôt qu’ils ne sont pas des alchimistes capables de transformer du papier imprimé en or. Les conséquences de la crise financière mondiale sont potentiellement catastrophiques.
Pour citer l’économiste autrichien Von Mises : « Il n’existe aucun moyen d’éviter l’effondrement final d’un boom économique généré par une expansion de crédit. La seule alternative, c’est une crise à brève échéance, suite à l’abandon volontaire d’une expansion prolongée, plutôt que tardive, sous la forme d’un effondrement définitif et total du système monétaire concerné. »
Selon nous, les gouvernements des États-Unis, du Royaume-Uni et de bien d’autres nations ne renonceront pas à une expansion plus importante du crédit. Ils sont déterminés à imprimer des masses toujours plus importantes de billets sans valeur, afin de financer des déficits croissants et un système financier pourri. Il n’y a, dès lors, aucune chance de voir les mesures d’assouplissement quantitatif prendre fin. Au contraire, elles s’accélèreront en 2010 et dans les années à venir. Cela entraînera une dépression hyperinflationniste dans beaucoup de pays, en raison de la dépréciation totale de nombreuses monnaies. Aucune économie au monde, y compris la Chine, ne pourra éviter cette récession sévère, qui a de fortes chances d’avoir un impact majeur sur l’économie mondiale pour de nombreuses années à venir.
Les investisseurs ignorent les risques
Ce qui rend si intrigante la situation actuelle de l’économie mondiale, c’est que la plupart des marchés financiers n’ont pas reconnu ce risque. Les marchés boursiers et obligataires ont affiché une reprise considérable en 2009, ignorant totalement ces risques. Le marché de la construction immobilière se porte mal aux États-Unis ainsi que dans certains pays européens, comme l’Espagne et l’Irlande. Mais dans beaucoup d’autres pays, il est encore proche des sommets de la bulle créée par des taux d’intérêt bas et des emprunts inconsidérés.
Au moment de prendre une décision d’investissement, le critère le plus important est la compréhension des risques encourus. Ces dernières années, Matterhorn Asset Management a mis en garde les investisseurs sur les risques encourus dans le système financier, en raison d’une expansion de crédit et d’une création de monnaie massives dans le monde entier. Nous comprenons difficilement pourquoi si peu de personnes ont conscience que l’économie mondiale est devenue une bombe à retardement, prête à exploser à tout moment ou, plus probablement, à imploser. Tous les soi-disant experts ont affirmé qu’il était impossible d’identifier les problèmes à l’avance dans le système financier. Par exemple, Greenspan, Bernanke, Geithner, d’autres banquiers centraux et représentants de gouvernements, ainsi que Blankfein de Goldman Sachs et de nombreux banquiers, ont tous déclaré qu’ils ne pouvaient rien voir venir. Soit ils mentent soit ils sont stupides. Malheureusement, il est très probable que ce soit le premier cas de figure. Il est pratiquement impossible de trouver un politicien honnête. Ils poursuivent un grand objectif – le Pouvoir. Et pour l’atteindre, ils doivent acheter des voix. Mais pour ce faire, ils ne peuvent pas dire la vérité. Jamais un politicien ne prévoit de mauvaises nouvelles, car ces mauvaises nouvelles n’achètent pas les voix (il y a certes des exceptions comme Ron Paul, aux États-Unis). Quant aux banquiers, ce n’est certainement pas dans leur intérêt de soulever des inquiétudes à propos des risques pour le système financier. Pour chaque année où ils émettent des dérivés et dettes toxiques supplémentaires, ils gagnent plus en un an que la plupart des gens ordinaires en une vie.
Défaillances souveraines
La liste des pays en risque de faillite augmente de jour en jour. On utilisait autrefois l’acronyme PIGS (Portugal, Irlande, Grèce et Espagne). Désormais, c’est PIIGSJUKUS et il continue de s’allonger. Les principaux prétendants actuels : États-Unis, Royaume-Uni, Japon, Espagne, Italie, Grèce, Irlande, France, Portugal, pays baltes, Europe de l’Est et bien d’autres. D’un point de vue strictement comptable, tous ces pays sont déjà en faillite. Mais étant donné que de nombreuses nations peuvent soit se tourner vers la planche à billets, comme les États-Unis ou le Royaume-Uni, soit augmenter leur niveau de dettes déjà élevé, comme la Grèce ou les pays baltes, ils ont techniquement évité la faillite, bien qu’en réalité tous les pays précités sont dans un état critique et ont peu de chances d’un retour à la normale. L’illustration ci-dessous représente ce que nous appelons la bombe à retardement souveraine. La bombe se compose de pays qui, par une combinaison de leur déficit budgétaire et du rapport entre leur niveau de dette et leur PIB, entrent dans la catégorie « bombe à retardement » ou risque élevé de défaillance. Ces pays présentent des déficits budgétaires de 6 % (Italie) à 12,5 % (Royaume-Uni, Grèce) du PIB et leurs dettes du secteur public varient de 60 % (Espagne) à presque 200 % (Japon) du PIB.
La bombe à retardement souveraine

Le problème ne se limite pas au niveau d’endettement actuel de ces nations, parce que les déficits de tous les pays sont en hausse. Les revenus fiscaux s’effondrent, tandis que l’augmentation rapide du chômage entraîne une montée en flèche des dépenses gouvernementales en prestations sociales. Aux États-Unis, par exemple, le déficit fédéral en 2009 s’élevait à 1500 milliards de dollars (soit 10,7 % du PIB) et il devrait plus ou moins se maintenir à ce niveau pendant de nombreuses années. La situation est tout aussi mauvaise au niveau des différents états. Sur les 50 états, seulement 4 sont susceptibles d’afficher un budget équilibré en 2010. Près de 40 états, dont la Californie, New York, la Floride, l’Illinois, le Michigan, l’Ohio, la Caroline du Nord et le New Jersey, sont pratiquement en faillite.
Il a fallu près de 200 ans pour que la dette fédérale américaine atteigne 1000 milliards de dollars, en 1981. Pour la seule année 2009, la dette a augmenté de 1900 milliards de dollars pour atteindre 12400 milliards. Dans les dix prochaines années, il est prévu qu’elle atteigne 25000 milliards de dollars. Et ce doublement de la dette n’inclut pas l’apport de fonds pour soutenir un système financier en faillite ou pour consacrer des dizaines, voire des centaines de billions de dollars, sur des dérivés OTC sans valeur. Les prévisions supposent aussi une croissance du PIB, ce qui est extrêmement peu probable, en particulier pour les 2 à 5 prochaines années. Actuellement, la dette fédérale américaine représente 6 fois les recettes fiscales perçues chaque année. Avec l’explosion de la dette et l’effondrement des revenus fiscaux, il n’y a aucune chance que cette dette puisse un jour être remboursée avec de l’argent conventionnel. En outre, avec une dette devenue incontrôlable, les taux d’intérêt augmenteront substantiellement à 10-20 % par an. En appliquant un taux d’intérêt de 15% à une dette de 25 000 milliards de dollars, nous obtenons un intérêt annuel de 3750 milliards de dollars, ce qui dépasse de loin les recettes fiscales.
Le graphique ci-dessous représente la dette fédérale américaine par personne. Au cours des dix dernières années, elle est passée de 20 000 à 40 000 dollars par personne. L’endettement total des États-Unis, y compris la dette privée et des sociétés, ainsi que les passifs non capitalisés, s’élève à 430 000 dollars par individu. Il est absolument certain que chaque homme, femme et enfant aux États-Unis ne peut pas rembourser près d’un demi-million de dollars en argent conventionnel. Seule une impression massive d’argent pourra y remédier.

Avec de tels niveaux de déficit pour les 10 prochaines années, en plus d’une dette déjà record, il n’y a absolument aucune chance que l’économie américaine puisse éviter la faillite. Aucun pays n’a jamais annulé une dette de cette ampleur en ayant recours à la planche à billets et les États-Unis ne seront pas les premiers à y parvenir.
Uniquement des scénarios perdant-perdant
Les gouvernements ont deux possibilités : continuer à emprunter et imprimer de la monnaie ou réduire les dépenses publiques. Il s’agit d’une situation perdant-perdant et, quel que soit le choix qu’ils feront, cela se finira en désastre. Les pays au sein de l’UEM, comme la Grèce ou l’Espagne, sont en train de mettre en place des programmes d’austérité qui devraient permettre de ramener leurs déficits à 3 % du PIB, correspondant à la limite maximale en Union européenne. Ce sont des objectifs totalement irréalistes qui sont principalement basés sur une croissance économique tout à fait fantaisiste. Le dilemme est qu’aucun pays de l’Union européenne ne se trouve en dessous de la barrière des 3 %, pas même l’Allemagne. Et ces programmes d’austérité entraîneront une telle contraction de l’activité économique que les revenus fiscaux s’effondreront, ce qui aggravera encore la situation de ces pays.
L’autre alternative est d’imprimer ou d’emprunter plus d’argent. L’impression est un luxe que les États membres de l’Union européenne n’ont pas et, pour ces pays insolvables, en emprunter est en train de devenir presque impossible ou très coûteux. Mais la Banque centrale européenne peut imprimer de l’argent et c’est probablement la voie qu’ils suivront d’abord pour sauver la Grèce et peut-être l’Espagne. D’autres pays, comme les États-Unis et le Royaume-Uni, peuvent encore emprunter et imprimer de l’argent. Et c’est ce qu’ils continueront à faire. Avec des déficits en hausse, une montée du taux de chômage et la réapparition de problèmes dans le système financier, ils n’ont pas d’autre choix. Le Royaume-Uni et les États-Unis se sont tous deux lancés dans une trajectoire d’autodestruction. Des milliers de milliards de livres sterling et de dollars seront créés dans les prochaines années. Mais les uniques acheteurs de ces titres d’État seront les gouvernements américain et britannique. Le reste du monde se débarrassera de ses titres, ce qui se traduira à la fois par une chute précipitée du dollar et de la livre sterling et par une hausse considérable des taux d’intérêt.
Hyperinflation – Conséquences
L’effondrement de la devise aura pour conséquence une dépression hyperinflationniste. Il s’agit d’une conclusion inéluctable pour le Royaume-Uni et les États-Unis et il n’y a malheureusement aucune mesure que les gouvernements de ces pays puissent prendre pour modifier cette trajectoire. Nous avions discuté des conséquences de cette issue dans notre bulletin du mois de juillet 2009 : « Les années noires sont là ». Il y aura une pauvreté extrême. Aucun des filets de sécurité sociale ne fonctionnera. La plupart des prestations de sécurité sociale dont bénéficient les gens dans le besoin disparaitront ou deviendront sans valeur en raison de l’hyperinflation. Il y aura de graves pénuries alimentaires qui déboucheront sur des famines et des troubles sociaux. Les gens affamés sont des gens agités qui prendront la loi entre leurs propres mains. Cela conduira à des protestations violentes, de l’anarchie, des vols et des crimes violents. Et il est peu probable qu’il y ait des forces de loi, payées et fonctionnelles, pour faire face à ces problèmes. Aujourd’hui déjà, de nombreuses villes et états américains réalisent des coupes budgétaires dans les forces de l’ordre et leur équipement. Cette tendance va s’accélérer durant l’année 2010 en raison de coupes budgétaires et d’un manque de fonds.
Il y aura des coupes sombres dans l’éducation et de nombreuses écoles fermeront en raison du manque de ressources. Les retraités seront très gravement touchés. Beaucoup de fonds de retraite ne sont pas capitalisés, mais ceux qui sont financés seront aussi décimés. Les fonds de retraite sont investis dans trois domaines – les actions, les obligations et l’immobilier. Tous les trois vont probablement chuter d’au moins 50 %, en termes réels, et plus vraisemblablement de 75 % au moins.
Déflation et inflation
La plupart des économistes et analystes financiers ne sont pas d’accord avec un scénario hyperinflationniste et pensent que l’effet de levier inversé mènera à une récession déflationniste. Ce scénario serait davantage plausible si les pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni ne s’imprimaient pas des quantités infinies de monnaie fiduciaire. Comme expliqué plus haut, les planches à billets ne ralentiront pas mais vont plutôt s’accélérer dans les années à venir. L’annonce par le Royaume-Uni d’un arrêt de l’assouplissement quantitatif n’est qu’une mesure temporaire qui ne durera pas. Les gouvernements détestent la déflation parce qu’ils savent qu’après une croissance du crédit incontrôlée, la déflation mènerait à une implosion du système financier et de l’économie. Pratiquement tous les prêts bancaires et les dérivés OTC ont été émis contre des valeurs d’actifs inflationnistes et non durables. Dans une économie déflationniste caractérisée par une chute des valeurs d’actifs, des salaires, des résultats d’entreprise et des recettes publiques, il n’y aucune possibilité que l’énorme quantité de crédits bancaires en cours puisse être révisée ou remboursée. Par conséquent, le système bancaire ne pourrait pas survivre, en raison de son bilan massivement gonflé et du faible niveau de fonds propres. C’est pourquoi les gouvernements sont pétrifiés par la déflation après une longue période de bulles spéculatives et de crédit. Leur unique option est donc d’imprimer tout l’argent qui leur est nécessaire pour conjurer la déflation. Et c’est ce qu’ils feront. Il n’y a absolument aucun doute à ce sujet. Mais ils sont en train de le faire dans une totale ignorance des conséquences.
Les gouvernements ont créé la crise financière
La crise financière actuelle n’a pas été créée par les banques. Elle l’a été par les politiques irresponsables des gouvernements, qui ont manipulé le système financier pour acheter des voix en imprimant constamment de la monnaie, en particulier depuis la création de la FED en 1913 et l’abolition de l’étalon-or en 1971. Qui plus est, ils ont utilisé les politiques de taux d’intérêt comme s’il s’agissait d’un concours de popularité, créant ainsi un marché totalement artificiel qui fausse les lois normales de l’offre et la demande. Il est évidemment ridicule de maintenir artificiellement les taux d’intérêt à 0 % et d’imprimer des quantités massives d’argent. Ni les gouvernements ni les banques ne devraient être autorisés à créer de l’argent comme par magie ou à interférer avec les forces du marché en fixant artificiellement les taux d’intérêt. C’est cette manipulation malhonnête du système financier et de l’économie qui a totalement détruit la valeur de l’argent au cours des 100 dernières années. Mesuré contre l’or, le dollar et la livre sterling ont baissé de 99 % depuis 1913. Ce ne serait pas arrivé si les gouvernements n’avaient pas été autorisés à utiliser le système financier comme instrument électoral. Mais malheureusement, cette tendance ne fera que s’accélérer au cours des prochaines années. Les gouvernements semblent totalement incapables de comprendre qu’ils ne pourront pas résoudre la plus grande crise financière du monde en appliquant davantage du même remède toxique qui est à l’origine de tous les maux.
L’illusion de la prospérité
Quand on vit au milieu de l’histoire, on ne prend conscience pas de notre contribution à l’écriture d’une histoire extraordinaire. C’est pourquoi la plupart des gens ne comprennent pas que les 100 dernières années ont été une période exceptionnelle de l’histoire et plus encore les 20 à 30 dernières années. La prospérité perçue et l’amélioration du niveau de vie ont été obtenus essentiellement par une augmentation massive des emprunts, à la fois par les gouvernements et par les particuliers. Retirez l’énorme dette contractée durant cette période et le monde serait beaucoup plus pauvre. Alternativement, appliquez à la dette un taux d’intérêt du marché. Si les gouvernements n’avaient pas manipulé les taux d’intérêt pour les fixer à des niveaux artificiellement bas, la loi de l’offre et de la demande aurait rendu ces taux considérablement plus élevés, probablement à deux chiffres. Ces taux plus élevés auraient réduit la demande de crédit et, par conséquent, permis d’éviter les bulles spéculatives et de crédit qui ont fini par provoquer la crise financière mondiale. Plus récemment, Greenspan a réduit les taux de 6 % à 1 % entre la fin 2000 et 2003. Et Bernanke a encore appliqué l’unique remède que les banquiers centraux connaissent, mis à part le recours aux planches à billets : réduire les taux de 5 % à 0 % entre 2007 et 2008. Ces personnes semblent incapables de comprendre que la loi naturelle de l’offre et la demande aurait réparé automatiquement l’économie sans leurs interventions incompétentes et désespérées. En laissant la politique monétaire aux forces du marché, nous aurions des récessions normales et des hausses mineures qui seraient totalement autorégulées. Au lieu de cela, les banquiers centraux ont créé la plus grosse bulle spéculative de l’histoire. Et malheureusement, comme toutes les bulles, celle-ci va irrémédiablement aboutir à un désastre d’une telle ampleur qu’il en affectera le monde entier pendant très longtemps.
Ainsi, les 100 dernières années, seront vues dans l’histoire comme une période extraordinaire, où les gouvernements croyaient avoir inventé un nouveau miracle économique basé sur le crédit illimité et l’impression de l’argent. Hélas, les futurs historiens verront ce miracle pour ce qu’il est : l’échec d’une autre théorie économique délirante imaginée par des politiciens.
Risque de défaillance systémique du système financier
La crise financière actuelle a débuté en raison d’un niveau de dette mondiale incontrôlé et de bulles spéculatives. Les défaillances des prêts à risque étaient seulement le premier symptôme d’un mélange fatal de crédit et de dérivés OTC, mis en place par les banquiers pour leur enrichissement personnel, sans en comprendre les risques ou les conséquences. À travers le monde, les gouvernements et les banques centrales ont injecté ou garanti quelque 20 000 milliards de dollars juste pour sauver le système financier. Mais les seuls à en avoir profité sont ceux qui sont à l’origine de la crise. Très peu de ces énormes sommes d’argent ont abouti dans l’économie réelle. En plus de ces énormes liquidités au bénéfice du système bancaire, les gouvernements ont autorisé les banques à évaluer leurs actifs à des prix totalement erronés, non fondés sur les valeurs du marché, mais sur l’espoir qu’ils atteindraient la totalité de leur valeur à maturité. Pour aider encore plus les banques, les gouvernements ont réduit leurs taux d’intérêt à 0 %. Avec des milliards en liquidités fraîches, des taux d’intérêt à 0 % et une valorisation des actifs à des prix fantaisistes, de nombreuses banques ont annoncé des bénéfices record et versé des primes record.
La masse monétaire aux États-Unis, telle que mesurée par M3, est en train de s’effondrer. Le graphique ci-dessous illustre comment M3 a diminué de presque 6 % d’une année à l’autre. Cet indicateur spécifique a été très précis pour la prévision des récessions économiques majeures au cours des 40 dernières années. Il est actuellement au même niveau qu’avant la récession des années 70.

Aucun des problèmes à l’origine de la crise bancaire de 2007-2008 n’a été résolu. Ils ont simplement été mis de côté et oubliés. En 2009, 140 banques américaines ont fait faillite contre 25 en 2008 et seulement 11 au cours des cinq années précédentes. En 2010, jusqu’à présent, un total de 15 banques ont été mises en faillite et reprises par le FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation). Pratiquement toutes les banques qui ont déposé le bilan affichent des pertes beaucoup plus élevées que la valorisation de leurs bilans. Sur les quelque 6000 banques américaines, un grand pourcentage déposera le bilan dans les prochaines années en raison de la baisse rapide de leurs valeurs d’actifs. Ce sera aussi le cas pour bon nombre des grandes banques internationales. Si leurs actifs et, en particulier, leurs dérivés OTC étaient évalués au prix du marché, peu de banques seraient solvables aujourd’hui. De plus, les remises à zéro de prêts hypothécaires, de prêts immobiliers commerciaux, de prêts de crédit à la consommation, de prêts de capitaux propres privés, etc. sont tous autant de problèmes qui pourraient faire chuter les grandes banques.

Le risque du terrorisme
Le terrorisme étant un élément impondérable, il est impossible de prévoir où et quand il va frapper. Avec 700 bases militaires américaines réparties dans 120 pays et avec l’implication des États-Unis, du Royaume-Uni et d’autre pays en Irak et en Afghanistan, le sentiment d’aliénation ainsi créé, en particulier dans le monde musulman, fait peser de lourdes menaces d’attaques terroristes, tout particulièrement aux États-Unis et au Royaume-Uni. Les terroristes ont presque toujours une longueur d’avance sur les agences de renseignement et de sécurité. Il est donc impossible de prévoir comment, où et quand la prochaine attaque surviendra. Il pourrait s’agir d’avions, de centres commerciaux ou encore d’une attaque informatique ciblant d’importants réseaux internationaux. Plus les États-Unis et le Royaume-Uni envoient de troupes en Afghanistan, plus ils risquent d’être la cible d’actes terroristes. Le moyen qui serait probablement le plus efficace pour prévenir ou réduire le terrorisme serait, pour les États-Unis et le Royaume-Uni, de fermer toutes les bases militaires à l’étranger et de rapatrier toutes leurs troupes. Malheureusement, il est peu probable que cela arrive.
Les marchés
En janvier 2009, nous avions prévu que les marchés boursiers connaîtraient probablement une correction haussière jusqu’à 50 % avant de poursuivre leur tendance baissière. Le Dow Jones a affiché une reprise correspondant à une correction d’un peu plus de 50 %, mais un peu plus tard que ce que nous avions prévu. La correction est maintenant terminée et la tendance dominante de tous les marchés boursiers retourne à la baisse. Nous prévoyons de très fortes baisses en 2010. Ce ne sera pas une bonne année pour investir dans les actions. Selon nos estimations, les actions de métaux précieux afficheront de très bons résultats, même si elles descendront initialement avec le reste du marché.
Les obligations
Il y a un an, nous avions prédit une hausse des taux obligataires à long terme aux États-Unis. C’est exactement ce qui s’est passé et le taux de rendement des obligations du trésor américain sur 30 ans est passé de 2,5 % à 4,6 % pendant l’année 2009. Nous pensons que les taux obligataires américains et britanniques continueront à augmenter en 2010, une hausse provoquée par la vente de ces obligations par les détenteurs étrangers, en raison de la situation économique déplorable aux États-Unis et au Royaume-Uni et de l’affaiblissement de ces devises. Les investisseurs internationaux ne sont pas prêts à financer des États souverains en faillite sans un retour sur investissement attractif.
Les devises
La plupart des gens jugent les devises sur une base relative. Il s’agit d’une évaluation simpliste de la valeur d’une monnaie, puisqu’elle ne prend pas en compte la destruction totale du papier-monnaie au cours des 100 dernières années. Dans notre rapport de décembre (« L’or ne monte pas – Le papier-monnaie est en chute »), nous avions démontré que la plupart des principales devises, y compris le dollar, la livre sterling, le Dmark/Euro et le Yen, avaient reculé de 99 % face au véritable argent – l’or – depuis la création de la FED en 1913. Ainsi, toutes les monnaies sont faibles et elles continuent d’être attaquées une par une. Le dollar est, fondamentalement, la monnaie la plus faible et nous prévoyons la prochaine phase baissière pour bientôt.
L’euro est confronté à ses propres problèmes et souffre des difficultés de ses membres les plus faibles : la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Italie et l’Irlande. Comme toutes les devises artificielles, l’euro été condamné à une faible espérance de vie dans sa forme originale. C’est un aboutissement que nous avions prédit bien avant sa naissance à Maastricht en 1992. À court terme, la banque centrale européenne aidera la Grèce et tous les autres pays de l’Union européenne qui ont besoin de soutien. À plus long terme, une fois que trop d’argent sans valeur aura été imprimé par la banque centrale européenne sans résoudre les problèmes, l’Union monétaire européenne éclatera probablement.
Mais la peur actuelle qui a envahi la zone euro et la faiblesse de l’Euro par rapport au dollar sont surfaites. Le déficit budgétaire de la zone euro par rapport au PIB est de 6,7 % et la dette par rapport au PIB est de 88 %, tandis que le déficit américain s’élève à 10,7 % et la dette à 92 %. Sur cette base, il est donc extrêmement imprudent de transférer des fonds hors de l’euro vers des dollars américains, d’autant plus que les problèmes fondamentaux sous-jacents sont beaucoup plus graves aux États-Unis.
Tous les pays des principales devises cotées – le dollar, l’euro, la livre sterling et le yen – font face à des problèmes économiques majeurs qui peuvent uniquement être résolu par une impression massive d’argent. C’est pourquoi il est futile d’essayer de prédire laquelle des quatre devises précitées sera la plus faible. Elles baisseront toutes considérablement, mais pas au même moment. Nous assisterons donc à une extrême volatilité sur les marchés des changes dans les années à venir, tandis que les spéculateurs perdront leur chemise en passant d’une devise à l’autre Il y aura très peu de gagnants à ce jeu.
Qu’en est-il des autres devises ? Y en a-t-il de meilleures ? Oui, relativement. La couronne norvégienne, le dollar canadien et, peut-être, le franc suisse et le dollar australien afficheront de meilleurs résultats. Le renminbi également, mais il reste difficile d’y investir.
L’or
Ainsi, alors que de nombreuses monnaies papier deviendront pratiquement sans valeur dans les prochaines années, l’or continuera de faire ce qu’il a toujours fait au cours des 6 derniers millénaires. Il maintiendra son pouvoir d’achat et s’appréciera donc sensiblement par rapport à toutes les monnaies papier.
La correction récente de l’or correspond des mains faibles qui tentant de sortir des positions spéculatives sur le marché de l’or papier. Il n’y a pratiquement pas eu de vente sur le marché physique.
L’or a connu une hausse de 400 % dans les dix dernières années, dans un marché d’initiés dans lequel peu d’investisseurs sont intervenus. Le tableau ci-dessous illustre l’extraordinaire rendement que les investisseurs en or ont obtenu dans les 5 et 10 dernières années. Durant cette période, aucun autre actif n’a offert un rendement aussi excellent, tout en fournissant la forme la plus sûre de protection du patrimoine (à condition que l’or soit physique).
Rendement annuel moyen sur plus de 5 et 10 ans
Période/Devise Dollar US Livre Sterling Euro Yen Couronne suédoise
2000 – 2005 9,7 % p.a. 5,2 % p.a. 2,3 % p.a. 8,8 % p.a. 11,0 % p.a.
2005 – 2010 20,4 % p.a. 25,0 % p.a. 19,1 % p.a. 19,2 % p.a. 19,4 % p.a.
2000 – 2010 15,1 % p.a. 15,1 % p.a. 10,7 % p.a. 14,0 % p.a. 15,2 % p.a.
Retour d’investissement sur les 10 dernières années
Sur les 10 dernières années, un investisseur américain ou britannique aurait réalisé un rendement moyen annuel de 15,1 %.
Retour d’investissement sur les 5 dernières années
Au cours des 5 dernières années jusqu’à la fin de 2009, le rendement annuel le plus bas sur l’or était en euros avec 19,1 % et le plus élevé en livres sterling avec 25 %.
Ces rendements sont tout à fait exceptionnels et la plupart des investisseurs en sont totalement inconscients.
Mais cette inconscience va changer dans les prochaines années tandis que la montée de l’or s’accélère.
De nombreux investisseurs, y compris George Soros, qui ont manqué le marché haussier de l’or (ou le marché baissier sur les monnaies papier), pensent désormais que l’or est suracheté et qu’il est donc trop tard pour investir. Le graphique suivant réfute totalement cette théorie. Il illustre l’évolution de l’or en dollars de 2009, corrigée selon l’inflation réelle. Shadowstats.com est un service fantastique qui analyse les statistiques gouvernementales sur de vraies bases, en retirant tous les ajustements, révisions et autres manipulations. En appliquant le véritable taux d’inflation sur le prix de l’or, nous pouvons voir que le pic à 850 dollars de 1980 représenterait aujourd’hui une valeur de 6400 dollars.

Les gouvernements ont étouffé le prix de l’or au cours des 30 dernières années à la fois par des opérations manifestes (ventes d’or officielles) et des opérations secrètes (manipulations sur le marché de l’or-papier et ventes non officielles). Les banques centrales sont supposées détenir 30 000 tonnes d’or, mais des estimations crédibles suggèrent un total avoisinant les 15 000 tonnes, ce qui signifie que 15 000 tonnes d’or provenant des banques centrales on été vendues clandestinement pour faire baisser les prix. Mais l’effet d’une manipulation sur un marché est limité dans le temps, surtout si elle est faite en parallèle avec une mauvaise gestion totale de l’économie. Les banques centrales ont désormais cessé les ventes officielles et la Chine, l’Inde, la Russie et beaucoup d’autres pays sont les principaux acheteurs. La production est en baisse constante tandis que la demande de la part des investisseurs s’envole. Avec des bases aussi favorables à l’or, il ne devrait avoir aucune difficulté à revenir à la valeur ajustée du pic de 1980, soit 6400 dollars. Avec de l’inflation ou de l’hyperinflation, l’or montera bien plus haut que cela.
Pendant la prochaine phase haussière de l’or, dont nous prévoyons le début dans les prochaines semaines, les investisseurs découvriront ce que peu d’entre eux ont compris durant ces 10 dernières années, à savoir que l’or physique est l’un des rares moyens pour protéger leurs actifs et préserver leur capital.
11th February
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L’ALCHIMIE SOUVERAINE VOUÉE À L’ÉCHEC
February 11th, 2010 by adminL’ALCHIMIE SOUVERAINE VOUÉE À L’ÉCHEC
Egon von Greyerz – Matterhorn Asset Management
Quand nous examinons aujourd’hui l’économie mondiale, partout où nous regardons, nous voyons un mur de risques. Et malheureusement, il s’agit d’un mur infranchissable, avec des risques sans aucun précédent dans l’histoire. Jamais auparavant il n’y a eu de tel potentiel catastrophique, combinant autant d’états souverains pratiquement en faillite (États-Unis d’Amérique, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Grèce, Japon et beaucoup d’autres) et un système financier d’ores et déjà en faillite, mais maintenu en vie temporairement grâce à des estimations mensongères et un recours illimité à la planche à billets. Mais les gouvernements comprendront bientôt qu’ils ne sont pas des alchimistes capables de transformer du papier imprimé en or. Les conséquences de la crise financière mondiale sont potentiellement catastrophiques.
Pour citer l’économiste autrichien Von Mises : « Il n’existe aucun moyen d’éviter l’effondrement final d’un boom économique généré par une expansion de crédit. La seule alternative, c’est une crise à brève échéance, suite à l’abandon volontaire d’une expansion prolongée, plutôt que tardive, sous la forme d’un effondrement définitif et total du système monétaire concerné. »
Selon nous, les gouvernements des États-Unis, du Royaume-Uni et de bien d’autres nations ne renonceront pas à une expansion plus importante du crédit. Ils sont déterminés à imprimer des masses toujours plus importantes de billets sans valeur, afin de financer des déficits croissants et un système financier pourri. Il n’y a, dès lors, aucune chance de voir les mesures d’assouplissement quantitatif prendre fin. Au contraire, elles s’accélèreront en 2010 et dans les années à venir. Cela entraînera une dépression hyperinflationniste dans beaucoup de pays, en raison de la dépréciation totale de nombreuses monnaies. Aucune économie au monde, y compris la Chine, ne pourra éviter cette récession sévère, qui a de fortes chances d’avoir un impact majeur sur l’économie mondiale pour de nombreuses années à venir.
Les investisseurs ignorent les risques
Ce qui rend si intrigante la situation actuelle de l’économie mondiale, c’est que la plupart des marchés financiers n’ont pas reconnu ce risque. Les marchés boursiers et obligataires ont affiché une reprise considérable en 2009, ignorant totalement ces risques. Le marché de la construction immobilière se porte mal aux États-Unis ainsi que dans certains pays européens, comme l’Espagne et l’Irlande. Mais dans beaucoup d’autres pays, il est encore proche des sommets de la bulle créée par des taux d’intérêt bas et des emprunts inconsidérés.
Au moment de prendre une décision d’investissement, le critère le plus important est la compréhension des risques encourus. Ces dernières années, Matterhorn Asset Management a mis en garde les investisseurs sur les risques encourus dans le système financier, en raison d’une expansion de crédit et d’une création de monnaie massives dans le monde entier. Nous comprenons difficilement pourquoi si peu de personnes ont conscience que l’économie mondiale est devenue une bombe à retardement, prête à exploser à tout moment ou, plus probablement, à imploser. Tous les soi-disant experts ont affirmé qu’il était impossible d’identifier les problèmes à l’avance dans le système financier. Par exemple, Greenspan, Bernanke, Geithner, d’autres banquiers centraux et représentants de gouvernements, ainsi que Blankfein de Goldman Sachs et de nombreux banquiers, ont tous déclaré qu’ils ne pouvaient rien voir venir. Soit ils mentent soit ils sont stupides. Malheureusement, il est très probable que ce soit le premier cas de figure. Il est pratiquement impossible de trouver un politicien honnête. Ils poursuivent un grand objectif – le Pouvoir. Et pour l’atteindre, ils doivent acheter des voix. Mais pour ce faire, ils ne peuvent pas dire la vérité. Jamais un politicien ne prévoit de mauvaises nouvelles, car ces mauvaises nouvelles n’achètent pas les voix (il y a certes des exceptions comme Ron Paul, aux États-Unis). Quant aux banquiers, ce n’est certainement pas dans leur intérêt de soulever des inquiétudes à propos des risques pour le système financier. Pour chaque année où ils émettent des dérivés et dettes toxiques supplémentaires, ils gagnent plus en un an que la plupart des gens ordinaires en une vie.
Défaillances souveraines
La liste des pays en risque de faillite augmente de jour en jour. On utilisait autrefois l’acronyme PIGS (Portugal, Irlande, Grèce et Espagne). Désormais, c’est PIIGSJUKUS et il continue de s’allonger. Les principaux prétendants actuels : États-Unis, Royaume-Uni, Japon, Espagne, Italie, Grèce, Irlande, France, Portugal, pays baltes, Europe de l’Est et bien d’autres. D’un point de vue strictement comptable, tous ces pays sont déjà en faillite. Mais étant donné que de nombreuses nations peuvent soit se tourner vers la planche à billets, comme les États-Unis ou le Royaume-Uni, soit augmenter leur niveau de dettes déjà élevé, comme la Grèce ou les pays baltes, ils ont techniquement évité la faillite, bien qu’en réalité tous les pays précités sont dans un état critique et ont peu de chances d’un retour à la normale. L’illustration ci-dessous représente ce que nous appelons la bombe à retardement souveraine. La bombe se compose de pays qui, par une combinaison de leur déficit budgétaire et du rapport entre leur niveau de dette et leur PIB, entrent dans la catégorie « bombe à retardement » ou risque élevé de défaillance. Ces pays présentent des déficits budgétaires de 6 % (Italie) à 12,5 % (Royaume-Uni, Grèce) du PIB et leurs dettes du secteur public varient de 60 % (Espagne) à presque 200 % (Japon) du PIB.
La bombe à retardement souveraine
Le problème ne se limite pas au niveau d’endettement actuel de ces nations, parce que les déficits de tous les pays sont en hausse. Les revenus fiscaux s’effondrent, tandis que l’augmentation rapide du chômage entraîne une montée en flèche des dépenses gouvernementales en prestations sociales. Aux États-Unis, par exemple, le déficit fédéral en 2009 s’élevait à 1500 milliards de dollars (soit 10,7 % du PIB) et il devrait plus ou moins se maintenir à ce niveau pendant de nombreuses années. La situation est tout aussi mauvaise au niveau des différents états. Sur les 50 états, seulement 4 sont susceptibles d’afficher un budget équilibré en 2010. Près de 40 états, dont la Californie, New York, la Floride, l’Illinois, le Michigan, l’Ohio, la Caroline du Nord et le New Jersey, sont pratiquement en faillite.
Il a fallu près de 200 ans pour que la dette fédérale américaine atteigne 1000 milliards de dollars, en 1981. Pour la seule année 2009, la dette a augmenté de 1900 milliards de dollars pour atteindre 12400 milliards. Dans les dix prochaines années, il est prévu qu’elle atteigne 25000 milliards de dollars. Et ce doublement de la dette n’inclut pas l’apport de fonds pour soutenir un système financier en faillite ou pour consacrer des dizaines, voire des centaines de billions de dollars, sur des dérivés OTC sans valeur. Les prévisions supposent aussi une croissance du PIB, ce qui est extrêmement peu probable, en particulier pour les 2 à 5 prochaines années. Actuellement, la dette fédérale américaine représente 6 fois les recettes fiscales perçues chaque année. Avec l’explosion de la dette et l’effondrement des revenus fiscaux, il n’y a aucune chance que cette dette puisse un jour être remboursée avec de l’argent conventionnel. En outre, avec une dette devenue incontrôlable, les taux d’intérêt augmenteront substantiellement à 10-20 % par an. En appliquant un taux d’intérêt de 15% à une dette de 25 000 milliards de dollars, nous obtenons un intérêt annuel de 3750 milliards de dollars, ce qui dépasse de loin les recettes fiscales.
Le graphique ci-dessous représente la dette fédérale américaine par personne. Au cours des dix dernières années, elle est passée de 20 000 à 40 000 dollars par personne. L’endettement total des États-Unis, y compris la dette privée et des sociétés, ainsi que les passifs non capitalisés, s’élève à 430 000 dollars par individu. Il est absolument certain que chaque homme, femme et enfant aux États-Unis ne peut pas rembourser près d’un demi-million de dollars en argent conventionnel. Seule une impression massive d’argent pourra y remédier.
Avec de tels niveaux de déficit pour les 10 prochaines années, en plus d’une dette déjà record, il n’y a absolument aucune chance que l’économie américaine puisse éviter la faillite. Aucun pays n’a jamais annulé une dette de cette ampleur en ayant recours à la planche à billets et les États-Unis ne seront pas les premiers à y parvenir.
Uniquement des scénarios perdant-perdant
Les gouvernements ont deux possibilités : continuer à emprunter et imprimer de la monnaie ou réduire les dépenses publiques. Il s’agit d’une situation perdant-perdant et, quel que soit le choix qu’ils feront, cela se finira en désastre. Les pays au sein de l’UEM, comme la Grèce ou l’Espagne, sont en train de mettre en place des programmes d’austérité qui devraient permettre de ramener leurs déficits à 3 % du PIB, correspondant à la limite maximale en Union européenne. Ce sont des objectifs totalement irréalistes qui sont principalement basés sur une croissance économique tout à fait fantaisiste. Le dilemme est qu’aucun pays de l’Union européenne ne se trouve en dessous de la barrière des 3 %, pas même l’Allemagne. Et ces programmes d’austérité entraîneront une telle contraction de l’activité économique que les revenus fiscaux s’effondreront, ce qui aggravera encore la situation de ces pays.
L’autre alternative est d’imprimer ou d’emprunter plus d’argent. L’impression est un luxe que les États membres de l’Union européenne n’ont pas et, pour ces pays insolvables, en emprunter est en train de devenir presque impossible ou très coûteux. Mais la Banque centrale européenne peut imprimer de l’argent et c’est probablement la voie qu’ils suivront d’abord pour sauver la Grèce et peut-être l’Espagne. D’autres pays, comme les États-Unis et le Royaume-Uni, peuvent encore emprunter et imprimer de l’argent. Et c’est ce qu’ils continueront à faire. Avec des déficits en hausse, une montée du taux de chômage et la réapparition de problèmes dans le système financier, ils n’ont pas d’autre choix. Le Royaume-Uni et les États-Unis se sont tous deux lancés dans une trajectoire d’autodestruction. Des milliers de milliards de livres sterling et de dollars seront créés dans les prochaines années. Mais les uniques acheteurs de ces titres d’État seront les gouvernements américain et britannique. Le reste du monde se débarrassera de ses titres, ce qui se traduira à la fois par une chute précipitée du dollar et de la livre sterling et par une hausse considérable des taux d’intérêt.
Hyperinflation – Conséquences
L’effondrement de la devise aura pour conséquence une dépression hyperinflationniste. Il s’agit d’une conclusion inéluctable pour le Royaume-Uni et les États-Unis et il n’y a malheureusement aucune mesure que les gouvernements de ces pays puissent prendre pour modifier cette trajectoire. Nous avions discuté des conséquences de cette issue dans notre bulletin du mois de juillet 2009 : « Les années noires sont là ». Il y aura une pauvreté extrême. Aucun des filets de sécurité sociale ne fonctionnera. La plupart des prestations de sécurité sociale dont bénéficient les gens dans le besoin disparaitront ou deviendront sans valeur en raison de l’hyperinflation. Il y aura de graves pénuries alimentaires qui déboucheront sur des famines et des troubles sociaux. Les gens affamés sont des gens agités qui prendront la loi entre leurs propres mains. Cela conduira à des protestations violentes, de l’anarchie, des vols et des crimes violents. Et il est peu probable qu’il y ait des forces de loi, payées et fonctionnelles, pour faire face à ces problèmes. Aujourd’hui déjà, de nombreuses villes et états américains réalisent des coupes budgétaires dans les forces de l’ordre et leur équipement. Cette tendance va s’accélérer durant l’année 2010 en raison de coupes budgétaires et d’un manque de fonds.
Il y aura des coupes sombres dans l’éducation et de nombreuses écoles fermeront en raison du manque de ressources. Les retraités seront très gravement touchés. Beaucoup de fonds de retraite ne sont pas capitalisés, mais ceux qui sont financés seront aussi décimés. Les fonds de retraite sont investis dans trois domaines – les actions, les obligations et l’immobilier. Tous les trois vont probablement chuter d’au moins 50 %, en termes réels, et plus vraisemblablement de 75 % au moins.
Déflation et inflation
La plupart des économistes et analystes financiers ne sont pas d’accord avec un scénario hyperinflationniste et pensent que l’effet de levier inversé mènera à une récession déflationniste. Ce scénario serait davantage plausible si les pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni ne s’imprimaient pas des quantités infinies de monnaie fiduciaire. Comme expliqué plus haut, les planches à billets ne ralentiront pas mais vont plutôt s’accélérer dans les années à venir. L’annonce par le Royaume-Uni d’un arrêt de l’assouplissement quantitatif n’est qu’une mesure temporaire qui ne durera pas. Les gouvernements détestent la déflation parce qu’ils savent qu’après une croissance du crédit incontrôlée, la déflation mènerait à une implosion du système financier et de l’économie. Pratiquement tous les prêts bancaires et les dérivés OTC ont été émis contre des valeurs d’actifs inflationnistes et non durables. Dans une économie déflationniste caractérisée par une chute des valeurs d’actifs, des salaires, des résultats d’entreprise et des recettes publiques, il n’y aucune possibilité que l’énorme quantité de crédits bancaires en cours puisse être révisée ou remboursée. Par conséquent, le système bancaire ne pourrait pas survivre, en raison de son bilan massivement gonflé et du faible niveau de fonds propres. C’est pourquoi les gouvernements sont pétrifiés par la déflation après une longue période de bulles spéculatives et de crédit. Leur unique option est donc d’imprimer tout l’argent qui leur est nécessaire pour conjurer la déflation. Et c’est ce qu’ils feront. Il n’y a absolument aucun doute à ce sujet. Mais ils sont en train de le faire dans une totale ignorance des conséquences.
Les gouvernements ont créé la crise financière
La crise financière actuelle n’a pas été créée par les banques. Elle l’a été par les politiques irresponsables des gouvernements, qui ont manipulé le système financier pour acheter des voix en imprimant constamment de la monnaie, en particulier depuis la création de la FED en 1913 et l’abolition de l’étalon-or en 1971. Qui plus est, ils ont utilisé les politiques de taux d’intérêt comme s’il s’agissait d’un concours de popularité, créant ainsi un marché totalement artificiel qui fausse les lois normales de l’offre et la demande. Il est évidemment ridicule de maintenir artificiellement les taux d’intérêt à 0 % et d’imprimer des quantités massives d’argent. Ni les gouvernements ni les banques ne devraient être autorisés à créer de l’argent comme par magie ou à interférer avec les forces du marché en fixant artificiellement les taux d’intérêt. C’est cette manipulation malhonnête du système financier et de l’économie qui a totalement détruit la valeur de l’argent au cours des 100 dernières années. Mesuré contre l’or, le dollar et la livre sterling ont baissé de 99 % depuis 1913. Ce ne serait pas arrivé si les gouvernements n’avaient pas été autorisés à utiliser le système financier comme instrument électoral. Mais malheureusement, cette tendance ne fera que s’accélérer au cours des prochaines années. Les gouvernements semblent totalement incapables de comprendre qu’ils ne pourront pas résoudre la plus grande crise financière du monde en appliquant davantage du même remède toxique qui est à l’origine de tous les maux.
L’illusion de la prospérité
Quand on vit au milieu de l’histoire, on ne prend conscience pas de notre contribution à l’écriture d’une histoire extraordinaire. C’est pourquoi la plupart des gens ne comprennent pas que les 100 dernières années ont été une période exceptionnelle de l’histoire et plus encore les 20 à 30 dernières années. La prospérité perçue et l’amélioration du niveau de vie ont été obtenus essentiellement par une augmentation massive des emprunts, à la fois par les gouvernements et par les particuliers. Retirez l’énorme dette contractée durant cette période et le monde serait beaucoup plus pauvre. Alternativement, appliquez à la dette un taux d’intérêt du marché. Si les gouvernements n’avaient pas manipulé les taux d’intérêt pour les fixer à des niveaux artificiellement bas, la loi de l’offre et de la demande aurait rendu ces taux considérablement plus élevés, probablement à deux chiffres. Ces taux plus élevés auraient réduit la demande de crédit et, par conséquent, permis d’éviter les bulles spéculatives et de crédit qui ont fini par provoquer la crise financière mondiale. Plus récemment, Greenspan a réduit les taux de 6 % à 1 % entre la fin 2000 et 2003. Et Bernanke a encore appliqué l’unique remède que les banquiers centraux connaissent, mis à part le recours aux planches à billets : réduire les taux de 5 % à 0 % entre 2007 et 2008. Ces personnes semblent incapables de comprendre que la loi naturelle de l’offre et la demande aurait réparé automatiquement l’économie sans leurs interventions incompétentes et désespérées. En laissant la politique monétaire aux forces du marché, nous aurions des récessions normales et des hausses mineures qui seraient totalement autorégulées. Au lieu de cela, les banquiers centraux ont créé la plus grosse bulle spéculative de l’histoire. Et malheureusement, comme toutes les bulles, celle-ci va irrémédiablement aboutir à un désastre d’une telle ampleur qu’il en affectera le monde entier pendant très longtemps.
Ainsi, les 100 dernières années, seront vues dans l’histoire comme une période extraordinaire, où les gouvernements croyaient avoir inventé un nouveau miracle économique basé sur le crédit illimité et l’impression de l’argent. Hélas, les futurs historiens verront ce miracle pour ce qu’il est : l’échec d’une autre théorie économique délirante imaginée par des politiciens.
Risque de défaillance systémique du système financier
La crise financière actuelle a débuté en raison d’un niveau de dette mondiale incontrôlé et de bulles spéculatives. Les défaillances des prêts à risque étaient seulement le premier symptôme d’un mélange fatal de crédit et de dérivés OTC, mis en place par les banquiers pour leur enrichissement personnel, sans en comprendre les risques ou les conséquences. À travers le monde, les gouvernements et les banques centrales ont injecté ou garanti quelque 20 000 milliards de dollars juste pour sauver le système financier. Mais les seuls à en avoir profité sont ceux qui sont à l’origine de la crise. Très peu de ces énormes sommes d’argent ont abouti dans l’économie réelle. En plus de ces énormes liquidités au bénéfice du système bancaire, les gouvernements ont autorisé les banques à évaluer leurs actifs à des prix totalement erronés, non fondés sur les valeurs du marché, mais sur l’espoir qu’ils atteindraient la totalité de leur valeur à maturité. Pour aider encore plus les banques, les gouvernements ont réduit leurs taux d’intérêt à 0 %. Avec des milliards en liquidités fraîches, des taux d’intérêt à 0 % et une valorisation des actifs à des prix fantaisistes, de nombreuses banques ont annoncé des bénéfices record et versé des primes record.
La masse monétaire aux États-Unis, telle que mesurée par M3, est en train de s’effondrer. Le graphique ci-dessous illustre comment M3 a diminué de presque 6 % d’une année à l’autre. Cet indicateur spécifique a été très précis pour la prévision des récessions économiques majeures au cours des 40 dernières années. Il est actuellement au même niveau qu’avant la récession des années 70.
Aucun des problèmes à l’origine de la crise bancaire de 2007-2008 n’a été résolu. Ils ont simplement été mis de côté et oubliés. En 2009, 140 banques américaines ont fait faillite contre 25 en 2008 et seulement 11 au cours des cinq années précédentes. En 2010, jusqu’à présent, un total de 15 banques ont été mises en faillite et reprises par le FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation). Pratiquement toutes les banques qui ont déposé le bilan affichent des pertes beaucoup plus élevées que la valorisation de leurs bilans. Sur les quelque 6000 banques américaines, un grand pourcentage déposera le bilan dans les prochaines années en raison de la baisse rapide de leurs valeurs d’actifs. Ce sera aussi le cas pour bon nombre des grandes banques internationales. Si leurs actifs et, en particulier, leurs dérivés OTC étaient évalués au prix du marché, peu de banques seraient solvables aujourd’hui. De plus, les remises à zéro de prêts hypothécaires, de prêts immobiliers commerciaux, de prêts de crédit à la consommation, de prêts de capitaux propres privés, etc. sont tous autant de problèmes qui pourraient faire chuter les grandes banques.
Le risque du terrorisme
Le terrorisme étant un élément impondérable, il est impossible de prévoir où et quand il va frapper. Avec 700 bases militaires américaines réparties dans 120 pays et avec l’implication des États-Unis, du Royaume-Uni et d’autre pays en Irak et en Afghanistan, le sentiment d’aliénation ainsi créé, en particulier dans le monde musulman, fait peser de lourdes menaces d’attaques terroristes, tout particulièrement aux États-Unis et au Royaume-Uni. Les terroristes ont presque toujours une longueur d’avance sur les agences de renseignement et de sécurité. Il est donc impossible de prévoir comment, où et quand la prochaine attaque surviendra. Il pourrait s’agir d’avions, de centres commerciaux ou encore d’une attaque informatique ciblant d’importants réseaux internationaux. Plus les États-Unis et le Royaume-Uni envoient de troupes en Afghanistan, plus ils risquent d’être la cible d’actes terroristes. Le moyen qui serait probablement le plus efficace pour prévenir ou réduire le terrorisme serait, pour les États-Unis et le Royaume-Uni, de fermer toutes les bases militaires à l’étranger et de rapatrier toutes leurs troupes. Malheureusement, il est peu probable que cela arrive.
Les marchés
En janvier 2009, nous avions prévu que les marchés boursiers connaîtraient probablement une correction haussière jusqu’à 50 % avant de poursuivre leur tendance baissière. Le Dow Jones a affiché une reprise correspondant à une correction d’un peu plus de 50 %, mais un peu plus tard que ce que nous avions prévu. La correction est maintenant terminée et la tendance dominante de tous les marchés boursiers retourne à la baisse. Nous prévoyons de très fortes baisses en 2010. Ce ne sera pas une bonne année pour investir dans les actions. Selon nos estimations, les actions de métaux précieux afficheront de très bons résultats, même si elles descendront initialement avec le reste du marché.
Les obligations
Il y a un an, nous avions prédit une hausse des taux obligataires à long terme aux États-Unis. C’est exactement ce qui s’est passé et le taux de rendement des obligations du trésor américain sur 30 ans est passé de 2,5 % à 4,6 % pendant l’année 2009. Nous pensons que les taux obligataires américains et britanniques continueront à augmenter en 2010, une hausse provoquée par la vente de ces obligations par les détenteurs étrangers, en raison de la situation économique déplorable aux États-Unis et au Royaume-Uni et de l’affaiblissement de ces devises. Les investisseurs internationaux ne sont pas prêts à financer des États souverains en faillite sans un retour sur investissement attractif.
Les devises
La plupart des gens jugent les devises sur une base relative. Il s’agit d’une évaluation simpliste de la valeur d’une monnaie, puisqu’elle ne prend pas en compte la destruction totale du papier-monnaie au cours des 100 dernières années. Dans notre rapport de décembre (« L’or ne monte pas – Le papier-monnaie est en chute »), nous avions démontré que la plupart des principales devises, y compris le dollar, la livre sterling, le Dmark/Euro et le Yen, avaient reculé de 99 % face au véritable argent – l’or – depuis la création de la FED en 1913. Ainsi, toutes les monnaies sont faibles et elles continuent d’être attaquées une par une. Le dollar est, fondamentalement, la monnaie la plus faible et nous prévoyons la prochaine phase baissière pour bientôt.
L’euro est confronté à ses propres problèmes et souffre des difficultés de ses membres les plus faibles : la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Italie et l’Irlande. Comme toutes les devises artificielles, l’euro été condamné à une faible espérance de vie dans sa forme originale. C’est un aboutissement que nous avions prédit bien avant sa naissance à Maastricht en 1992. À court terme, la banque centrale européenne aidera la Grèce et tous les autres pays de l’Union européenne qui ont besoin de soutien. À plus long terme, une fois que trop d’argent sans valeur aura été imprimé par la banque centrale européenne sans résoudre les problèmes, l’Union monétaire européenne éclatera probablement.
Mais la peur actuelle qui a envahi la zone euro et la faiblesse de l’Euro par rapport au dollar sont surfaites. Le déficit budgétaire de la zone euro par rapport au PIB est de 6,7 % et la dette par rapport au PIB est de 88 %, tandis que le déficit américain s’élève à 10,7 % et la dette à 92 %. Sur cette base, il est donc extrêmement imprudent de transférer des fonds hors de l’euro vers des dollars américains, d’autant plus que les problèmes fondamentaux sous-jacents sont beaucoup plus graves aux États-Unis.
Tous les pays des principales devises cotées – le dollar, l’euro, la livre sterling et le yen – font face à des problèmes économiques majeurs qui peuvent uniquement être résolu par une impression massive d’argent. C’est pourquoi il est futile d’essayer de prédire laquelle des quatre devises précitées sera la plus faible. Elles baisseront toutes considérablement, mais pas au même moment. Nous assisterons donc à une extrême volatilité sur les marchés des changes dans les années à venir, tandis que les spéculateurs perdront leur chemise en passant d’une devise à l’autre Il y aura très peu de gagnants à ce jeu.
Qu’en est-il des autres devises ? Y en a-t-il de meilleures ? Oui, relativement. La couronne norvégienne, le dollar canadien et, peut-être, le franc suisse et le dollar australien afficheront de meilleurs résultats. Le renminbi également, mais il reste difficile d’y investir.
L’or
Ainsi, alors que de nombreuses monnaies papier deviendront pratiquement sans valeur dans les prochaines années, l’or continuera de faire ce qu’il a toujours fait au cours des 6 derniers millénaires. Il maintiendra son pouvoir d’achat et s’appréciera donc sensiblement par rapport à toutes les monnaies papier.
La correction récente de l’or correspond des mains faibles qui tentant de sortir des positions spéculatives sur le marché de l’or papier. Il n’y a pratiquement pas eu de vente sur le marché physique.
L’or a connu une hausse de 400 % dans les dix dernières années, dans un marché d’initiés dans lequel peu d’investisseurs sont intervenus. Le tableau ci-dessous illustre l’extraordinaire rendement que les investisseurs en or ont obtenu dans les 5 et 10 dernières années. Durant cette période, aucun autre actif n’a offert un rendement aussi excellent, tout en fournissant la forme la plus sûre de protection du patrimoine (à condition que l’or soit physique).
Rendement annuel moyen sur plus de 5 et 10 ans
Période/Devise Dollar US Livre Sterling Euro Yen Couronne suédoise
2000 – 2005 9,7 % p.a. 5,2 % p.a. 2,3 % p.a. 8,8 % p.a. 11,0 % p.a.
2005 – 2010 20,4 % p.a. 25,0 % p.a. 19,1 % p.a. 19,2 % p.a. 19,4 % p.a.
2000 – 2010 15,1 % p.a. 15,1 % p.a. 10,7 % p.a. 14,0 % p.a. 15,2 % p.a.
Retour d’investissement sur les 10 dernières années
Sur les 10 dernières années, un investisseur américain ou britannique aurait réalisé un rendement moyen annuel de 15,1 %.
Retour d’investissement sur les 5 dernières années
Au cours des 5 dernières années jusqu’à la fin de 2009, le rendement annuel le plus bas sur l’or était en euros avec 19,1 % et le plus élevé en livres sterling avec 25 %.
Ces rendements sont tout à fait exceptionnels et la plupart des investisseurs en sont totalement inconscients.
Mais cette inconscience va changer dans les prochaines années tandis que la montée de l’or s’accélère.
De nombreux investisseurs, y compris George Soros, qui ont manqué le marché haussier de l’or (ou le marché baissier sur les monnaies papier), pensent désormais que l’or est suracheté et qu’il est donc trop tard pour investir. Le graphique suivant réfute totalement cette théorie. Il illustre l’évolution de l’or en dollars de 2009, corrigée selon l’inflation réelle. Shadowstats.com est un service fantastique qui analyse les statistiques gouvernementales sur de vraies bases, en retirant tous les ajustements, révisions et autres manipulations. En appliquant le véritable taux d’inflation sur le prix de l’or, nous pouvons voir que le pic à 850 dollars de 1980 représenterait aujourd’hui une valeur de 6400 dollars.
Les gouvernements ont étouffé le prix de l’or au cours des 30 dernières années à la fois par des opérations manifestes (ventes d’or officielles) et des opérations secrètes (manipulations sur le marché de l’or-papier et ventes non officielles). Les banques centrales sont supposées détenir 30 000 tonnes d’or, mais des estimations crédibles suggèrent un total avoisinant les 15 000 tonnes, ce qui signifie que 15 000 tonnes d’or provenant des banques centrales on été vendues clandestinement pour faire baisser les prix. Mais l’effet d’une manipulation sur un marché est limité dans le temps, surtout si elle est faite en parallèle avec une mauvaise gestion totale de l’économie. Les banques centrales ont désormais cessé les ventes officielles et la Chine, l’Inde, la Russie et beaucoup d’autres pays sont les principaux acheteurs. La production est en baisse constante tandis que la demande de la part des investisseurs s’envole. Avec des bases aussi favorables à l’or, il ne devrait avoir aucune difficulté à revenir à la valeur ajustée du pic de 1980, soit 6400 dollars. Avec de l’inflation ou de l’hyperinflation, l’or montera bien plus haut que cela.
Pendant la prochaine phase haussière de l’or, dont nous prévoyons le début dans les prochaines semaines, les investisseurs découvriront ce que peu d’entre eux ont compris durant ces 10 dernières années, à savoir que l’or physique est l’un des rares moyens pour protéger leurs actifs et préserver leur capital.
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